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BCH Solutions collectives

75%! C’est le pourcentage des employés qui disent éprouver un stress important en totalité ou en partie à cause de l’état de leurs finances.

Un esprit sain dans un travail sain

Les problèmes professionnels ont un impact sur la vie personnelle, mais les problèmes personnels se répercutent aussi sur la vie au travail. C’est également vrai pour les problèmes de santé psychologique, qui sont l’un des trois principaux motifs de réclamation pour invalidité chez 80 % des employeurs, selon la Commission de la santé mentale du Canada. Dans ce cas, comment aider vos employés à garder l’esprit sain ?

Les finances personnelles sont un bon point de départ. Plus du tiers des Québécois vivent d’une paie à l’autre, évalue l’Association canadienne de la paie, alors que 75 % des employés disant éprouver un stress important attribuent cette situation, en totalité ou en partie à l’état de leurs finances, selon FinEduc Performance.

Amine Chbani, le fondateur de FinEduc Performance, basée à Brossard, veut faire partie de la solution. Son entreprise travaille donc avec d’autres sociétés dans le but d’aider leurs employés à mieux gérer leurs finances personnelles. « Beaucoup de gens nous disent qu’ils n’arrivent plus à dormir à cause de leurs problèmes d’argent. C’est mauvais pour leur vie personnelle, mais ça engendre aussi un impact sur leur travail en matière, notamment, d’absentéisme et de désengagement », indique M. Chbani, qui sera conférencier le 24 janvier à l’événement Santé psychologique au travail, organisé par le Groupe Les Affaires.

Diagnostiquer les finances des employés

FinEduc Performance fait d’abord passer un diagnostic aux employés de l’entreprise en question. Le tout se fait sur un site web ou sur une plateforme qui fait partie de l’intranet de celle-ci. L’objectif : faire un état des lieux des problèmes financiers des employés dans le but de déterminer lesquels sont les plus pressants. La préoccupation principale peut donc être l’élaboration d’un budget, mais il peut aussi s’agir de la mise en place d’un plan de retraite, de l’épargne pour l’achat d’une maison, d’un divorce, ou de l’arrivée d’un enfant.

Une fois le diagnostic terminé, FinEduc peut offrir aux entreprises différents programmes pour aider leurs employés à régler les problèmes qui ont été soulevés, explique Amine Chbani. «Si la priorité est la retraite, on peut donc faire une formation ou un atelier, dit-il. On peut aussi envoyer un autre questionnaire pour mieux cibler les soucis. Si les gens comprennent mal le REER, par exemple, on peut offrir des capsules en ligne spécifiquement sur ce sujet. » Finalement, non seulement les employés y gagnent parce qu’ils reprennent le contrôle de leurs finances et de leur bien-être psychologique, mais les entreprises y gagnent aussi puisqu’un employé en santé risque moins de s’absenter ou d’être désengagé, explique M. Chbani. « C’est gagnant-gagnant. »

Moins de mal-être, plus de bien-être

La santé psychologique au travail dépasse toutefois l’absence d’ennuis personnels, rappelle Jacques Forest, professeur-chercheur à l’ESG UQAM, psychologue et CRHA. « Votre emploi peut être bien payé et vous éviter des soucis financiers, mais si vous n’avez pas de défis à relever et n’êtes pas stimulé, vous ne ressentirez pas de véritable bien-être. » Le vrai bien-être, c’est donc de ne pas ressentir d’émotions négatives en plus d’en ressentir des positives. Les entreprises doivent alors non seulement combattre les sources d’émotions négatives, comme le stress lié à l’argent, mais faire en sorte de favoriser les positives. Elles doivent appuyer sur l’accélérateur, mais également désengager le frein à main.

Pour stimuler le bien-être, M. Forest suggère aux entreprises de guider leurs actions en se basant sur les trois besoins humains universels : l’autonomie, soit se sentir libre et authentique, puis pouvoir agir en fonction de ses valeurs ; la compétence, soit être efficace, performant et atteindre des succès ; et l’affiliation sociale, soit appartenir à un groupe et développer des relations interpersonnelles mutuellement bénéfiques.

En début de carrière, une firme peut, par exemple, faire du mentorat ou du coaching. Pas n’importe comment, cependant. «Le coach montrera le travail au plus jeune. C’est la compétence. Faites en sorte qu’ils puissent se choisir, que ce soit une affiliation sociale. Rendez aussi le programme volontaire, vous favoriserez l’autonomie », conseille M. Forest. Un travailleur en fin de carrière, lui, pourrait être invité à participer au programme d’accueil des nouveaux employés. Le caractère volontaire de celui-ci soulignerait la liberté de choix, alors que sa nature mettrait en évidence les compétences de l’employé et lui permettrait d’entrer en relation avec d’autres employés, ce qui favorise l’affiliation.

Le meilleur moment pour mettre en place des solutions du genre ? Probablement maintenant.

M. Forest remarque que beaucoup d’entreprises commencent à s’intéresser à la santé psychologique des employés parce que les coûts des assurances collectives ont explosé ces dernières années, notamment car le nombre de réclamations pour problèmes psychologiques a augmenté dramatiquement. L’Organisation mondiale de la santé prévoit d’ailleurs que les problèmes de santé psychologique seront la première cause d’invalidité en 2030.

« Les entreprises s’intéressent à la santé psychologique parce que ça coûte cher, dit M. Forest. Cependant, tant qu’on se soucie des gens, le message envoyé est le bon. »

75%

C’est le pourcentage des employés qui disent éprouver un stress important en totalité ou en partie à cause de l’état de leurs finances.

Source : FinEduc Performance

Les Affaires-N°2017026 – samedi 25 novembre 2017 (page N°6)